EUCS 2010 : Le bilan des français
Après les Championnats du Monde des Clubs (WUCC 2010), l’élite européenne garde le rythme des compétitions avec les European Ultimate Championship Series (EUCS), sorte de Ligue des champions pour l’Ultimate, pour les catégories Open et Féminine.
Dans cette compétition, l’Europe est divisée en quatre zones (Nord-Est, Centre-Est, Sud-Ouest et Ouest) composées des seize meilleures équipes régionales. Chaque zone dispose alors d’un certain nombre de places qualificatives pour la phase finale, appelée EUCF, qui réunit les 16 meilleures équipes européennes du moment.
La France figure dans la région Sud-Ouest, en compagnie de la Belgique, de l’Espagne, de la Hollande, de l’Irlande, d’Israël, de l’Italie, de la Suisse et du Portugal. La zone Sud-Ouest tenait sa phase qualificative à Bern (Suisse) début septembre, avec cinq équipes françaises engagées.
Ce qu’il faut en retenir…
Open
La catégorie Open était la plus représentée en tricolores : quatre équipes de l’élite étaient présentes en Suisse pour en découdre avec nos voisins et tenter de se qualifier pour la phase finale.
Pour valider le ticket gagnant, il fallait terminer dans les quatre premières places mais d’abord arriver en Suisse après un long voyage…
Ultimate Vibration
Pour les cergyssois, dont c’était l’occasion de rester sur la continuité de Prague, cette phase régionale s’est déroulée avec succès puisqu’ils terminent à la quatrième place, synonyme de qualification.Et pourtant ce ne fut pas gagné d’office, si l’on en croit Clément Buido, “puisque seuls onze joueurs avaient fait le déplacement”, ce qui est peu lorsque l’on aspire à de tels objectifs.
Rapidement rentrés dans la compétition contre des équipes suisses ou italiennes moins en vue mais en perdant un joueur sur blessure, ils ont poursuivis en dominant Cotarica (12-11) pour glaner leur troisième victoire de poule consécutive.
En faisant l’impasse face aux suisses imprenables de Freespeed (1-13), ils pensaient certainement avoir fait le meilleur choix possible. Clément Buido le confirme : “il faut parfois savoir jouer avec nos forces et nos faiblesses”.
Mais en perdant contre Friselis le dimanche matin (5-9), ils ont perdu tout espoir de jouer les demi-finales et se devaient donc de passer par la petite porte : finir cinquième pour avoir le droit de disputer un match de barrage face au perdant de la petit finale.
Et Ultimate Vibration l’a fait : d’abord en disposant d’Iznogood sur un faible écart (12-10) puis en serrant les phases d’attaque contre les belges de Gentle (15-12).
A ce stade, les cergyssois avaient déjà “joué sept matchs et passé plus de huit heures sur les terrains”, un petit exploit avec dix joueurs. Et dans le match décisif, face aux italiens de CUSB, ils n’ont pas tremblé, écœurant même leurs adversaires au vu de leur incroyable réussite. “Nous nous attendions à une vraie guerre de tranchée et à souffrir comme jamais (…) mais avec des joueurs en transe, ce fut bien plus que ça”.
Le score final, très sévère (15-5), en dit long sur les motivations de ce groupe et les possibilités qui s’offrent à n’importe quel joueur lorsque le mental répond présent. Clément Buido qui aime rappeler “l’esprit gladiateur de la Vibe”, souhaite également faire un “clin d’œil à nos amis Friz’Toi (…) car ça fait plaisir de voir des voisins sur le circuit européen”.
A Lloret de Mar, il y aura bien des voisins…européens cette fois-ci.
Iznogood
Pour Iznogood, engagé dans l’autre poule, la compétition a plutôt bien commencé.
Vincent Marcon, joueur noiséen, retrace la première opposition contre Friz’Toi comme plaisante mais retient surtout celle contre les belges de Gentle comme “notre meilleur match du tournoi, tant au niveau du jeu sur le terrain que de l’ambiance dans l’équipe et sur la sideline”.
Après deux victoires au compteur, l’équipe de Noisy-le-Sec voyait se dresser “les suisses de FAB, grand favori de la compétition“. Comme Ultimate Vibration, Iznogood avait choisit de reposer certains joueurs pour jouer contre les cadors, et le résultat fut “ressenti tout de même un peu sévère” (13-3). Le dernier match de la journée, contre les suisses de Solebäng, a permis de rester en course pour la qualification.
Pour la place qualificative en demi-finale, il restait à jouer CUSB Bologna. Vincent Marcon s’attendait “à un match difficile et ce fut effectivement le cas. Très tendu sur et en dehors du terrain, nous avons subi des agressions verbales et physiques qui ont nui à notre jeu”. Iznogood a du s’incliner sur un dernier point décisif, “contre une équipe qui n’a pas sa place dans notre sport”.
Certainement déçu, de par l’ambiance générale de ce dernier match et par le résultat, les noiséens avaient cependant la possibilité de se qualifier grâce au match de barrage.
“Après un match effilé”, ils ont été dominés par les cergyssois (12-10) et devaient finir contre Friselis pour aller chercher la septième place. “Ce match fut clairement divisé en deux mi-temps : la première pour Friselis qui creuse l’écart à 6-9, la deuxième où nous serons la défense avec des attaques propres et efficaces pour l’emporter 13-10”.
Vincent Marcon revient “content d’avoir pu défendre les couleurs du club avec un groupe rajeunit mais déçu du classement de trois des quatre équipes françaises. Nous souhaitons toute la réussite à Ultimate Vibration”.
Friselis
Pour les versaillais et leur capitaine Jean-Sébastien Guillou, la compétition était “l’occasion de relancer la saison (…) en toute modestie”. Visiblement émoussés par la saison précédente, Friselis était surtout venu “prendre du plaisir pour repartir sur de bonnes bases”.
Malgré une troisième place dans leur poule, où ils ont notamment battus Ultimate Vibration, ils n’ont pas réussi à grappiller quelques places supplémentaires. Avec une équipe très rajeunie puisque “l’équipe qui était à Berne était composée pour moitié de -23 et de -20 ans”, en raison de l’absence de nombreux cadres, Friselis termine à la huitième place au final.
Jean-Sébastien Guillou retient certes “une place pas très glorieuse mais de bons matchs face aux trois équipes qui (les) devancent, ce qui est encourageant pour la suite de la saison. Au passage, je tiens à féliciter Ultimate Vibration qui a réussi l’exploit de se qualifier avec une équipe de 10 joueurs et leur souhaite bon courage pour l’Espagne”.
Friz’Toi
Pour Friz’Toi, l’expérience était toute nouvelle : jamais les luzarchois n’avaient participé à une telle compétition, même si bon nombre de leurs jeunes ont déjà fait leurs classes dans les équipes nationales juniors et que certains joueurs du Sun étaient venu leur prêter main forte.
Benoît Brosse, leur capitaine, retient d’abord le plaisir de pouvoir affronter “des têtes d’affiches classes : FAB, Freespeed, Cotarica…” Plutôt satisfait de la manière de jouer de ses troupes, il retient notamment le match contre FAB “qui affiche un super état d’esprit contre un petit poucet comme nous : toujours la même énergie, que l’adversaire soit grand ou petit”.
Malgré quelques grosses déceptions, contre CUSB ou Gentle notamment, les Friz’Toi semblent avoir pris du plaisir sur cette compétition.
Benoît Brosse note que “la onzième place est moyenne mais reflète tout de même notre niveau. Avec un an d’expérience en plus, des joueurs mieux préparés et peut-être en plus grand nombre, on sera tranquillement dans le milieu du lot”.
Il note également que son équipe n’est “pas tant à la ramasse face aux moyens mais relativement loin des gros. Cela reflète la qualité moyenne de notre championnat, un bon niveau mais pas encore de stars”.
S’il remercie bien entendu l’ensemble des membres de son équipe, il n’oublie pas de remercier aussi “les Jack’Suns, Anges des Monts, BTR et OUF” de leur avoir laissé leur place.
La dernière satisfaction de Benoît Brosse peut également retenir notre attention parce que c’est aussi ça l’Ultimate : “l’avantage de jouer des équipes étrangères, c’est aussi le niveau zéro d’anticipation de l’Esprit du Jeu : souvent très peu de problème et sans antécédents, on s’y attache peu”.
A méditer…
La France comptera donc un représentant dans la catégorie reine et c’est tant mieux pour l’Ultimate hexagonal.
Espérons cependant qu’il y en aura plus les saisons suivantes mais surtout qu’Ultimate Vibration saura bien figurer dans une compétition finale où le niveau sera très dense.
Mais ne rêvons pas, il sera dur de s’approcher des dix premiers…
Classement EUCS 2010 - Sud/Ouest - Open
1. Freespeed (Suisse)
2. Flying Angels Bern (Suisse)
3. Cotarica (Italie)
4. Ultimate Vibration
5. CUSB Bologna (Italie)
6. Gentle (Belgique)
7. Iznogood
8. Friselis
9. Crazy Dogs (Suisse)
10. Solebäng (Suisse)
11. Friz’Toi
12. Mucche al Pascolo (Italie)
Féminine
Dans la catégorie Féminine, seule l’équipe des Yaka avait fait le déplacement pour rejoindre les quatre autres équipes féminines engagées à Bern.
Yaka
Pour Raphaële Hurel, capitaine des Yaka, c’était “une bonne occasion de (se) retrouver pour lancer cette nouvelle saison, même si la préparation et l’effectif n’étaient pas à la hauteur de l’évènement”.
Rappelons que seules les deux premières places étaient qualificatives pour la phase finale dans la catégorie féminine. Malgré une défaite d’entrée le samedi matin contre Primavera, les françaises ont réussi à remporter leurs quatre matchs suivants pour terminer à la première place du round robin.
En finale, contre les italiennes de Misscoldisco, elles n’ont pas réussi à s’imposer “un coup dur” pour Raphaële Hurel, “sachant que le format prévoyait pour l’équipe perdante un match supplémentaire contre les troisièmes”.
Malheureusement, “avec deux joueuses en moins (blessées, ndlr) et un petit coup au moral” une nouvelle défaite noyait leurs espoirs espagnols aux portes de la qualification, alors qu’elles avaient “battu les suissesses de Lotus le matin même”.
Mais avec un concours de circonstance favorable, en raison du désistement des Woodchiccas, elles se sont vu attribuer le dernier spot possible.
Yaka fera donc le voyage à Lloret de Mar et représentera également la France parmi les huit équipes engagées dans la catégorie.
Classement EUCS 2010 - Sud/Ouest - Féminine
1. Misscoldisco (Italie)
2. Lotus (Suisse)
3. Yaka
4. CUSB DDT (Italie)
5. Primavera (Hollande)
La phase finale des EUCF 2010 aura lieu du vendredi 1 au dimanche 3 Octobre 2010 à Lloret de Mar, en Espagne.
Ci-dessous, la liste des équipes qualifiées :
Français